Une nouvelle politique culturelle pour mieux vivre ensemble

Réunion publique culture avec Aurore Bergé et Benoist PIERRE pour Tours

Lors de la réunion  publique du 24 février 2020, j'ai pu présenter aux Tourangelles et aux Tourangeaux la politique culturelle que nous souhaitons mettre en place. Cette réunion a été également l'occasion d'échanger avec Aurore Bergé, député membre de la commission éducation et culture, qui a remis le 17 février au premier ministre un rapport sur l'émancipation par les arts et la culture, sur la manière dont le gouvernement peut accompagner les politiques culturelles locales.
Nous voulons que Tours devienne une capitale de la culture avec l'ensemble des acteurs et pour tous les usagers. Pour vous et avec vous, nous restaurerons le dialogue et la culture deviendra un pilier de notre vie quotidienne.

Une ville sinistrée au sortir de la guerre 

Ces destructions de la guerre ont nécessité la reconstruction du vieux centre, puis celle du quartier de la gare et dans une 2ème étape, l'expansion de la ville a été impulsée par Jean Royer, élu en 1959, qui va remodeler le visage de la ville avec de nouveaux quartiers Europe, Rives-du-Cher, Fontaines.

Si Jean Royer a été le maire de l’expansion de la ville, faisant porter l’effort important sur le besoin de logements sociaux ou en accès à la propriété, l’intérêt pour la culture n’était pas une priorité affichée, circonscrite plutôt aux équipements traditionnels d’une ville Centre dans les domaines de la lecture, de l’enseignement et de la diffusion musicale et des musées et privilégiant les dimensions patrimoniales au détriment de la création et de la diffusion des expressions issues de la modernité. 

De ce fait nos équipements culturels, malgré les efforts entrepris depuis les années 90 souffrent encore de retards handicapants.

 

Culture administrée vs initiatives locales

Créée en 1970 par agrégation des facultés et collèges universitaires qui préexistaient, avec l'implantation des facultés de lettres et de médecine, l’université a permis à Tours de renouer avec sa tradition universitaire et Jean Royer prendra une décision l’importante avec son implantation en plein centre historique. 

Nombre d’initiatives associatives aujourd’hui encore bien vivantes dans le paysage culturel des musiques actuelles et du jazz en particulier sont issues de fait de ce vivier local, à côté des institutions dépendantes de l’autorité très verticale la ville.

 

Un renouveau culturel au tournant des années 90 et 2000

Le dernier mandat de Jean Royer est marqué par l’influence nouvelle des structures de la décentralisation, avec l’arrivée de Bourges du Centre Dramatique, la création d’un Centre d’Art et d’un Centre chorégraphique national.

Dans les années 90 et 2000, une ouverture nouvelle se fait jour dans un partenariat plus serein entre les acteurs de la culture et la ville. Ceci donne lieu à un travail sur les équipements nouveaux : construction d’un théâtre en cœur de ville, réinstallation du Jazz dans la plus grande salle dédiée, développement du réseau des annexes de la lecture publique, réinstallation du Centre d’Art, rénovation entreprise de la bibliothèque, création de studios de répétition pour les musiques actuelles, projet puis création d’une Salle de musiques actuelles, création de lieux labellisés pour les Arts de la rue.

Le mandat en cours marque le pas en privilégiant des opérations de communication démonstratives au détriment du travail de fond de conquête de nouveaux publics. 


Passer maintenant de l’accès aux œuvres à la participation des citoyens

Lors de notre grande marche municipale qui a marqué le démarrage il y a un an et demi de notre projet municipal, nous avons noté à travers un questionnaire concernant tous les aspects de la vie municipale le ressenti d’un éloignement de la culture de la part de nombre d’habitants. Les réponses concernant la culture faisaient souvent état du sentiment d’une culture insuffisamment partagée, voire réservée. Oui, l’intimidation des lieux de culture est toujours aussi présente. Il est essentiel de susciter la participation à la vie culturelle, en créant les conditions de la rencontre. 

C’est ce constat qui a orienté le travail des ateliers qui ont oeuvré à la dimension culturelle de notre programme, en lien avec les acteurs culturels pour passer d’une logique d’accès aux œuvres à une logique de participation des citoyens, en rendant la culture plus visible dans la ville, mieux identifiée et plus ouverte dans ses propositions comme dans le travail de sensibilisation des publics.   

Il nous appartient aujourd’hui de favoriser un mouvement d’ouverture et de croisement des lieux et des publics par tous les moyens à notre disposition pour conforter cette volonté des acteurs culturels. L’ouverture des lieux, leur partage, leurs échanges, la rencontre autour du spectacle, du concert, de l’exposition sont des clefs pour conquérir de nouveaux publics
 


La culture occupe une place prépondérante dans notre projet

Elle questionne et donne du sens, crée du débat, de l’échange, de l’ouverture vers l’autre et sur l’extérieur. Tours possède un tissu très riche d’associations culturelles et d’artistes. Autant d’atouts qui exigent une ambition affirmée dans ce domaine émancipateur et créateur d’activité et d’emplois. Mais la vie culturelle doit associer plus largement les Tourangeaux en diversifiant encore les propositions et en facilitant leur fréquentation.

C’est pourquoi les moyens consacrés à la culture seront confortés et des soutiens nouveaux recherchés, tant publics que privés et dans le même temps une évaluation exigeante des politiques et actions conduites sera mise en place.


La ville de Tours doit impulser et fédérer la vie culturelle à l’échelle de la métropole

La question des charges culturelles incombant à la seule ville centre et l’absence de mise en réseau satisfaisante des équipements et des actions, nécessite de voir mieux prise en compte la dimension culturelle de la métropole au-delà de la construction des équipements nouveaux, 

Pour construire une politique culturelle à l’échelle du rayonnement de la ville-métropole, des assises de la culture se tiendront en début de mandat.

La participation des habitants à la vie municipale se traduira par la création d’une commission extra-municipale des affaires culturelles.

 

La culture pour tous

Une action résolue de diversification des publics doit être menée ou amplifiée lorsqu’elle est présente. Cela passe par l’écoute attentive et l’échange dans la confiance avec les acteurs de la culture.

Nous organiserons une rentrée culturelle avec toutes les structures et acteurs culturels.

Nous mettrons en œuvre un magazine papier et ligne permettant de communiquer efficacement sur l’offre culturelle et de faire mieux connaître le travail des acteurs du secteur.

Nous mettrons en place un site dédié aux associations culturelles, à la fois annuaire, calendrier et ressource pour leurs échanges, recherches et démarches.  

Nous créerons grand festival urbain interdisciplinaire invitant tous les tourangeaux pour répondre à une demande avérée du public d’appropriation culturelle et de partage.

Il sera ambitieux et doté de moyens permettant sa montée en puissance et sa pérennité. 
Il associera les acteurs représentatifs des différents domaines artistiques afin de conjuguer théâtre, danse, arts de la rue, musiques, livre, arts numériques, avec une volonté affirmée de rayonnement national et de participation de tous à travers des contenus divers, exigeants et ouverts. Ce parcours artistique urbain sera attentif à mettre en valeur notre patrimoine et favorisera en particulier l’appropriation culturelle de la Loire par un vaste public. Il sera ce grand moment de convergence de la vie culturelle de la ville et de croisement des formes artistiques, de mixité et de diversité des publics.

Nous accompagnerons le relogement prévu du Centre chorégraphique.


Résorber le déséquilibre dans l’offre existante entre le centre et les quartiers

Cela nécessite de confier une responsabilité accrue aux bibliothèques annexes du réseau qui sont les premiers lieux culturels dans les quartiers renforçant leur rôle d’acteurs culturels au-delà de l’accès aux documents par la proposition plus importante de concerts, spectacles, expositions et rencontres des lieux d’échanges et de réflexion à la faveur de débats. Les quartiers de la politique de la ville doivent faire l’objet d’une attention particulière et d’un travail en lien avec des associations culturelles qui sur le terrain s’efforcent de rompre l’isolement en lien avec les institutions, compagnies de théâtre et de danse et les ensembles musicaux.
 

L’installation d’œuvres et d’expositions dans l’espace public sera développée.

Patrimoine et création ont vocation à se rencontrer comme le prouvent le Vinci de Jean Nouvel et la Gare de Victor Laloux, la place du grand marché et le Monstre de Xavier Veilhan, les œuvres récentes célébrant Balzac, ainsi que la signature de Daniel Buren au long du parcours du Tram. Cette politique sera poursuivie également dans les quartiers, afin que notre temps lègue un témoignage aux futures générations et permette aux créateurs d’aujourd’hui l’expression de leur talent. 

Des résidences d’artistes seront mises en place au sein des écoles.

Il s'agit de créer une proximité naturelle entre le temps des apprentissages et la fréquentation des artistes et de leurs pratiques.Il est essentiel de former les sensibilités aux expressions et pratiques artistiques en favorisant cette présence d’artistes, dont on sait à quel point elle influe sur l’étude et enrichit les plus jeunes.

Les musiques électroniques seront développées.

Elles doivent être développées en lien avec les acteurs locaux identifiés qui ont fait leurs preuves, afin d’en renforcer la présence dans la ville en différents lieux culturels et/ou sur plusieurs week-ends afin de donner à ces manifestations une visibilité conforme à leur attrait avéré auprès d’un vaste public.